Chronicles Of Elyria

L’équipe de développement de ce jeu, dont je parle parce que, par certains aspects, il ressemble à ce qu’Althea devrait être, a sur 4 ans levé 7.9 millions de dollars, avant de disparaître faute de fonds.

Sur ce temps-là, je continue tout seul mon petit bonhomme de chemin. Sans argent. Je finance moi-même mon matériel ; 4.000€ pour ma station de travail et quelques centaines d’euros en logiciels, c’est tout.

Ma crainte n’est pas de m’essouffler avant la fin du développement mais de rester bloqué sur un problème technique. Je sais ce que je veux faire, tout est parfaitement clair et j’ai en tête toutes les étapes, il ne reste pas la moindre inconnue. Ma crainte est qu’à chaque instant je peux tomber sur un mur insurmontable, le fossé technique qui m’arrête sec.

A part ça, les systèmes du jeu, les règles, tout depuis la collecte d’un brin d’herbe jusque l’assaut d’un château fortifié en passant par l’apprentissage des talents, tout, absolument tout, est clair dans mon esprit.

Alors, suis-je fou ?
Je pose la question très sérieusement, comment se pourrait-il qu’un type seul construise ce que des équipes nombreuses dotées de millions de dollars de fonds ne peuvent pas ?

Althea, c’était un réseau de centaines de cartes qui contenaient chacune une activité particulière, qu’est-ce que cela pèse par rapport à, par exemple, Word of Warcraft dont la première version a coûté 60 millions de dollars et chaque extension 30 autres millions ?

Alors quoi ? Est-ce que tout ce travail en vaut la peine ?
Parfois je me demande ce que je fous là. Je me dis que ce projet est insensé. Mais je n’arrive pas à arrêter. Je ne sais pas où je vais, mais j’y cours !

Il est plus que probable, même si j’arrive à construire un prototype jouable, qu’il n’intéresse personne, que je n’essaie même pas de lever des fonds pour recruter les professionnels capables de faire passer Althea au stade de jeu commercialement viable, que personne n’y mette même jamais les pieds à part moi et un ami ou l’autre une ou deux heures en passant pour me faire plaisir.

Alors oui, je suis peut-être un Don Quichotte des temps électroniques.

La seule certitude est que j’ai le temps. Personne ne lit ce que j’écris, personne ne sait ce que je fais et je m’en fous. J’avance. D’un moulin à vent à l’autre.