La Meuse débite 2000 m³/s depuis ce matin au lieu de 185 avant-hier.
La région est dévastée et, par miracle, la presqu-île sur laquelle nous vivons est protégée par les digues les plus hautes de la ville ; il nous reste quelques 50 centimètres sur les quelques 5 mètres de protection avant que les eaux n’atteignent la maison, que nous avons calfeutrée avec des planches, du silicone et des sacs de gravier. L’eau gagnait trois centimètres par heure ce matin alors qu’il nous restait 80 centimètres de sécurité.
La crue semblait avoir atteint son pic à 21:00, je me relèverai toutes les quatre heures pour vérifier si je dois réveiller tout le monde et commencer à éponger mais, avec un peu de chance, le centre-ville sera épargné, la pluie est très modérée et cessera définitivement dans la nuit pour faire place au soleil pour le reste de la semaine.
Le plus difficile est d’obtenir des informations, les autorités ne diffusent rien que la démonstration de leur incompétence, je vais mesurer moi-même le niveau du fleuve aussi régulièrement que possible et à 22 heures les eaux avaient baissé de deux centimètres, l’inquiétude vient des villes et barrages en amont qui pourraient libérer de grandes quantités d’eau, mais, là aussi, nous n’avons pas d’informations.
Par contre, médias et politiciens professionnels trouvent opportun de donner la parole aux experts auto-proclamés qui viennent répéter les mêmes inepties que pour le SARS-CoV-2. C’est à peine s’ils admettent du bout du lèvres qu’avoir bétonné toute la région depuis des décennies, détruisant toutes les zones humides où j’allais, gamin, observer les oiseaux, pourrait avoir un impact sur l’absorption des sols. Tu parles, Charles !
Entre deux litanies sur le réchauffement climatique, c’est à peine s’ils évoquent que le pont-barrage de Monsin à la sortie de la ville, en travaux, rencontre des difficultés à délester le fleuve avec 2 valves opérationnelles sur 6. Sans rire ! Ces fonctionnaires irresponsables ont tablé sur l’étiage du fleuve en été pour lancer des travaux, non pas sur une valve, ni deux, même pas trois, mais quatre ! sans prévoir la moindre mesure au cas où tout le bassin wallon qui n’est qu’un gigantesque entrelacs de cours d’eau, recevrait deux jours de pluie intense.
Je répète pour être sûr d’avoir bien été compris : deux, un plus un, soit la moitié de quatre jours de pluie ! Deux jours de drache, en Belgique, le pot de chambre de l’Europe, ces crétins ont complètement perdu le sens des réalités et en sont réduits à leurs théories fumeuses qu’aucun papier n’a jamais démontrées au lieu d’admettre que deux jours de pluie n’ont que peu de points communs avec le déluge !
Mon grand-père avait quinze ans quand, en décembre 1926, la Meuse atteignait 3500m³/s inondant toute la ville. Personne ne s’en souvient ni n’en parle. J’habitais Liège en 1991 – plus certain de l’année – quand la Meuse a connu une crue telle qu’elle a englouti le port de plaisance. Là non plus, personne n’en parle, les blancs-becs qui viennent tortiller du micro sur les chaînes d’infos n’ont aucune notion de rien, sortis des écoles de journalisme rongées par les idéologies soixante-huitardes où il est permis de se demander ce qu’il apprennent encore, à part bêler en cœur.
Sur ce, je vais faire ma ronde.